Bien
sûr hier, premier avril, j'avais porté en dérision « Un Homme, c’est naturellement bon » , ce titre majeur de mon répertoire, comme si cette maxime tellement absurde méritait un poisson d'avril de moquerie pour ma naïveté chevaleresque à la Don Quichotte. Riez Messires, rien de mieux pour votre santé!
L’humour,
nous le savons, est notre dernière bouée de sauvetage pour ne pas sombrer dans
la mélancolie, paralysant notre esprit, donnant prise à la fatalité et la
soumission. Dommage que cette gaieté passagère ne règne pas vraiment durant les autres jours de l’année comme caractère intrinsèque ancré dans la psyché de la majorité des citoyens ! Bien mérité donc le succès des comiques aux jeux d'esprit et mimiques hilarants, applaudis sous l’ovation des foules dans les salles de spectacles ou, face au petit écran, dans l’intimité des foyers. J'ai la faiblesse de croire que tout être censé sait que ce sursaut cathartique est un besoin vital qui permet de nous extraire de la morosité
du monde, noyé sous sa déferlante d’événements chaotiques...qu’il est inutile de
préciser, n’est-ce pas ?
Après ce jour de relâche, remisé à dans trois-cent-soixante-cinq jours ,
me voilà de retour avec mon bâton de pèlerin. Soyons claire pour commenter - et non plus, chanter avec la guitare comme
support de ma bonne foi (d’autrefois) – mes convictions. Paradoxalement, c’est à la majorité des
Homo-sapiens que je me permets d’attribuer ce qualitatif que le ou « un Homme, c’est
naturellement bon », alors qu’au troisième couplet de cette chanson, je
précise que l’Homme seul n’ait jamais raison face à la majorité qui naît à
partir de trois. Raison... raison sociétale???
La question qui me vient est très simple :
pourquoi une masse d’individus bons se soumettent sous l'emprise de quelques personnages carrément méchants ?
Le blues du Drapeau
Le besoin de chaque homme doué de raison
Être et faire avec tous les autres
Solidaire partagé le Grand Œuvre
De ce gigantesque champs de manœuvre
Mai 1985. Manifestation à Bruxelles contre le plan Val Duchesse qui prévoyait la restriction d'emploi de 3000 enseignants.
Le droit d’être utile ou Le blues du drapeau
Un drapeau m’effleura le visage
Alors que j’étais dans les nuages
Une caresse l’impression d’une présence
Me berça un instant comme un ange
Quand enfin réagirent tous mes sens
Me tournai vers cette chose si étrange
Circonstances liées à l’émotion
Lui donnèrent une toute autre dimension
Circonstances liées à l’émotion
Cent mille êtres suivaient ce drapeau
Revendication des professions
Le droit d’être utile sans prétention
Vision symbolique exaltant les passions
Déployées dans les rues de la capitale
Les bannières ouvrières honorant le travail
Ressemblaient vues de loin à des flambeaux
Quand enfin je levai le regard
Découvris mais trop tard l’étendard
Ce dernier s’éloignait en silence
Réveillant en moi mieux qu’une fanfare
Cette vie oubliée de mon enfance
Me revint comme un souffle de fraîcheur
Ce léger soubresaut de bonheur
Donne envie de lancer mon âme au vent
Le besoin de chaque homme, doué de raison :
Être et faire avec tous les autres
Solidaire, partager le Grand ‘œuvre
De ce gigantesque champ de manœuvre.